Chili – La poésie ne serait-elle pas le meilleur moyen de s’évader en temps confinés ?

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Maître de conférences à l’ULCO et spécialiste de la poésie sud-américaine, Benoît Santini a publié sur le blog COVIDAM une réflexion sur l’importance de la poésie au Chili pendant le confinement.

 
Bonjour Benoît. Vous avez publié un billet sur le blog COVIDAM*, c’est un site sur lequel plusieurs réflexions sont menées par des chercheurs sur des points bien précis en Amérique latine et Amérique du nord. Pourquoi avoir choisi la poésie ? 
 
C’est un fait important et que l’on ignore en France mais la poésie est quelque chose de fondamental au Chili. Elle a joué un rôle très important quand la dictature d’Augusto Pinochet a sévi entre 1973 et 1990. C’était un moyen de dénoncer les dérives dictatoriales en jouant sur l’implicite. Encore aujourd’hui, il y a de grands noms de la poésie chilienne, notamment Raúl Zurita, internationalement reconnu. 
Je voulais, à travers ce billet, montrer l’importance de cet art comme moyen d’évasion. 
 
Vous êtes un spécialiste de la culture latino-américaine, plus particulièrement de la littérature et de la poésie chiliennes, d’où vient cette passion ? 
 
C’est une passion qui est devenue un travail : que demander de plus ? (rire).  Je crois que cela remonte à l’enfance. J’ai toujours été très curieux des langues étrangères et de la littérature. Tout petit déjà, je rédigeais des petites nouvelles et cela m’a donné le goût de l’écriture. Pour ce qui est de l’Amérique latine, de ce « monde » hispanophone, je crois que cela vient des enseignants que j’ai pu avoir au collège et au lycée et qui ont su me transmettre leur passion. Ça a beaucoup joué. À l’université aussi, ma directrice de thèse, qui était aussi celle de mon mémoire, était chilienne. Ce sont surtout des rencontres qui ont forgé cet intérêt.
 
Dans votre article, on se rend compte que la poésie au Chili est très importante et qu’en période de confinement, elle a été une source d’inspiration pour les poètes contemporains…
 
Contemporains ou non, les grands événements de nos sociétés ont inspiré les poètes de tout temps ! Paradoxalement, ce sont des événements durs, forts et parfois dramatiques qui inspirent le plus les poètes alors que la poésie est vue par le grand public, de façon souvent réductrice, comme un art « doux ». Quand on pense poésie, viennent à l’esprit les rimes, les alexandrins, ce côté très attendrissant alors qu’en réalité, c’est un canal de description, d’interprétation de ces événements forts. Il y a besoin d’écrire pendant les périodes douloureuses. L’écriture poétique est une façon de s’évader tout comme la lecture de poésie. 
 
 
Qu’est ce que cela vous a apporté de travailler sur cette question pendant la période de confinement ? 
 
Cet article a été publié à la toute fin du confinement, j’ai pu ainsi prendre un peu de recul et surtout regarder ce que les poètes chiliens avaient publié, de voir sous quels angles ils avaient pris cette épidémie, ce confinement, etc. On remarque que les poètes confinés ont été créatifs ! J’évoque également dans cet article des poèmes écrits antérieurement par ces auteurs, : ces vers, ayant parfois précédé la situation engendrée par le COVID19, entrent en résonance avec le contexte lié à la pandémie. Je travaille beaucoup sur le lien entre le texte et le contexte. J’aime me pencher sur les réflexions que mènent les poètes par rapport à un contexte politique, social et, dans ce cas précis, sanitaire.
Tout cela me paraissait cohérent et m’a permis de continuer mon travail de diffusion de la poésie latino-américaine en France. 
 

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